LE COMPLEXE DE PETER PAN
Se sentir différent de ceux qui nous entourent, ne pas vouloir rentrer dans le moule de la normalité et de la banalité. Refuser d'approuver à ces principes stupides, débiles et ces comportements immatures.
C'est à nouveau dans un centre d'appel que je me rends compte une fois de plus que les centres d'appels, ou les sociétés sont un domaine observatoire puissant et fort amusant. Amusant quand surtout on n'y reste pas longtemps, car très vite ça peut devenir gavant voir destructeur.
Me voici depuis un mois dans cette nouvelle boîte et je tente de marquer mes sensations avant de bouger et surtout de passer au stade au-dessus puisque j'ai été promu « chef d'équipe » à PB (pas de marque ni de noms ici, google est bien trop puissant !)
Le Complexe de Peter Pan
Nombre de personnes analysées: 2
Temps d'analyse: 1 mois.
Hypothèse: Les sujets même adultes se comportent comme des jeunes en se prenant pour des Adolescents.
Analyse et conclusion:
Si l'on regarde le groupe dans sa totalité, on s'aperçoit que cette micro-société est composée d'un homme en place centrale et d'un harem de poules sous ses ordres. Cet homme ne désire d'ailleurs accueillir aucun autre mâle sous son territoire et assume totalement ses choix. De préférence il les aime fine, avec de l'allure et de l'élégance, mais surtout féminine qui sachent le rassurer dans sa condition de chef mâle. Aucun désir sexuel ne ressort de ces relations car lui-même ne se destine qu'à une seule femelle, et chaque femelle qui l'entoure est elle-même destinée qu'à un seul mâle. Sûrement trouve-t-il ça plus sain pour sa troupe.
Les locaux sont propres, beaux et sentent bons à l'image d'une litière venant juste d'être changée, l'ambiance est parfois calme et l'accueil agréable. Les bureaux sont individuels et le chef n'a pas une place stratégique. Quand on se ballade dans les couloirs on voit un bureau au fond du couloir destiné à deux femmes. On les appelle les responsables communication. Ah quelle ironie. Quand on les entend parler, on se dit que probablement la personne qui les a embauché ce jour là ne devait être pas net. Si on s'approche d'un peu plus près, et que l'on décortique leur comportement, on trouve deux êtres féminins de surcroît, qui tentent toute la journée dans leur bureau de prouver qu'elles ne sont pas embauchées pour rien (malgré ce que certains peuvent penser). Mais derrière cette façade de responsable « normales » ce sont deux poules qui parlent pour ne rien dire et qui commentent la vie avec des petites blagues telles des adolescentes de 14 ans. Un moment d'ennuie ? Elles envoient des mails « rigolos » (ce mot à la sonorité enfantine correspond parfaitement ici), au patron pour le faire enrager. Le patron pause une question ? Elles pavanent jusqu'à son bureau pour y répondre d'une manière humoristique. Comment être crédible dans ces conditions ?
Mais dans le lot, et malgré leurs ressemblances apparentes, elles observent une façon de se comporter avec leurs collègues, totalement différentes. L'une semble gentille, voir male dans sa peau avec un air sans cesse gênée. L'autre est sans gêne, à l'instar de l'effigie de PRECON. Pourquoi ce sont toujours celles-ci que je rencontre sur mon chemin et que sans même échanger un mot on arrive à ne pas pouvoir se voir ? C'est alors que mes sens et ma paranoïa rentrent en action. Telle une détective privée je scrute le moindre geste, la moindre parole qui pourrait me concerner. Mais au final je m'en fou, je ne lui en veut pas, loin de là, je sais qu'on fond je n'aimerais surtout pas lui ressembler.
En médecine, le complexe de Peter Pan caractérise les enfants angoissés par l'idée de grandir et les adultes instables dans le monde adulte.

